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Mais c'est surtout la cité des Doges qui,
par de subtiles alliances, va asseoir sa
suprématie sur ce lucratif commerce, en
particulier à la suite de l'effondrement de
l'empire chrétien d'Orient et la chute de
Byzance.
Les commerçants Italiens, répondant
à une demande très forte,
approvisionnent régulièrement
l'Europe en divers produits exotiques qu'ils se
procurent grâce à leur puissant et
complexe réseau commercial qui
s'étend jusqu'à Alexandrie pourtant
aux mains des Mamelouks, mais avec lesquels ils ont
su traiter. Étoffes d'Orient et
d'Extrême-Orient (soieries, cotonnades,
mousselines), tapis, pierres précieuses et
surtout épices fines (poivre, cannelle,
muscade, girofle), revendus sur les foires de
Bruges, de Champagne, de Lyon, sont pour Venise une
prodigieuse source de profits.
Cette prospérité et ce monopole quasi
unique, presque entièrement fondés
sur le commerce des épices, vont se
poursuivre jusqu'au-delà du XVe
siècle, même si l'invasion du
Moyen-Orient et de l'Egypte par les Ottomans,
à la fin XVe siècle, semble
sérieusement mettre à mal sa
puissance marchande. La Sérénissime
Venise va se trouver plus sûrement
ébranlée par l'exploit maritime du
Portugais Vasco de Gama. En effet, après
1503, le poivre se vend cinq fois moins cher
à Lisbonne qu'à Venise.
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