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Du moyen âge et jusqu'à la fin du
XVe siècle, le commerce des épices
aux abords de la Méditerranée est
intense. L'utilisation des épices, pour
l'essentiel réservée à la
noblesse et aux riches bourgeois, ne sert pas
à masquer la saveur de mets avariés
comme on l'a souvent prétendu mais est bel
et bien le signe d'une véritable passion
leurs effluves exotiques. Les quelques ouvrages de
cuisine datant du XIVe siècle montre
l'omniprésence des épices qui
relèvent des sauces fortement
aromatisées. L'usage des épices est
d'ailleurs très élaboré et les
mélanges mis au point sont aussi
élaborés qu'en Orient
aujourd'hui.
Le mystère demeure quant à leur
provenance car seuls les Arabes et les Perses ont
connaissance des terres d'origine des
épices. C'est eux qui s'approvisionnent
directement en Inde et en Chine.
Le mot " épice " est apparu à cette
époque. Il vient du bas latin " species "
qui désigne des denrées
spéciales c'est à dire exotiques et
rares. Les épices sont si précieuses
et le poivre en particulier qu'il peut servir de
monnaie d'échange pour s'acquitter de
l'impôt dû au suzerain. Les
épices peuvent aussi servir à gagner
les bonnes grâces des magistrats (juges) ou
à les remercier lors de l'arbitrage d'un
litige, d'où l'expression " payer en
espesses ". Cet acte de corruption restera en
vigueur durant tout l'Ancien Régime, les
épices seront peu à peu
remplacées par des paiements en
numéraire.
On croit aussi à leurs vertus curatives sans
limites, et durant les grandes
épidémies, on procède à
de vastes fumigations d'herbes aromatiques et
d'épices, censées purifier l'air
pestilentiel.
C'est parallèlement aux Croisades que le
commerce des épices va s'intensifier et l'on
va assister à une vigoureuse montée
en puissance des républiques maritimes de
Venise, de Gênes et de Pise.
Ces grandes cités marchandes fournissent aux
Croisés les navires nécessaires
à leur transport en Terre Sainte. Elles
obtiennent en retour la possibilité
d'installer des comptoirs dans les villes du Levant
gagnées par les Francs. Acre, Tripoli,
Beyrouth, Tyr deviennent des centres de commerce
particulièrement actifs et opulents.
Toutefois, le monopole musulman sur les
épices ne sera pas brisé par les
Croisades. Les royaumes latins d'Orient n'arrachent
que la façade orientale de la
Méditerranée. L'acheminement des
précieuses marchandises jusqu'à ces
villes reste aux mains des Arabes et elles
transiteront, longtemps encore, par les
entrepôts musulmans.
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