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Dès l'Antiquité, les épices
ont fait l'objet d'une véritable
vénération. Utilisées à
la fois en cuisine mais aussi comme remède
ou dans des rituels sacrés, elles s'imposent
très tôt au cur de diverses
civilisations. Les travaux des archéologues
nous apprennent que l'usage des épices avait
cours sous les règnes de Thoutmosis III et
de Ramsès III.
Comment ces précieuses denrées
parvenaient de l'Extrême-Orient et de l'Inde
jusqu'aux abords de la Méditerranée,
les informations dont on dispose sont encore
très floues à ce sujet. Ce que l'on
sait, c'est que les Egyptiens connaissaient la
cannelle et le poivre. Les pistes
caravanières passaient certainement par les
confins de la Perse puis par les cols de
l'Afghanistan puis les épices étaient
probablement acheminées en Egypte par les
côtes du Golfe Persique.
La civilisation grecque montre un engouement
comparable pour les épices. Mais là
encore, elles sont généralement
réservées à une élite,
car hormis les herbes
méditerranéennes facilement
disponibles, ainsi que le cumin et le safran, des
épices tels que la cannelle et le poivre
sont un véritable luxe. Les conquêtes
d'Alexandre le Grand au IVe siècle av JC,
vont permettre d'intensifier les échanges
entre l'Occident et l'Orient.
Mais ce commerce se développe
véritablement deux siècles plus tard
lorsqu'on découvre la possibilité
d'utiliser les vents alternants des moussons pour
naviguer entre l'Inde et la mer Rouge.
L'utilisation des épices chez les Romains
témoigne de la même passion gourmande
et les écrits du célèbre
cuisinier Apicius au Ier siècle avant notre
ère fournissent des recettes dans lesquelles
des ingrédients comme le poivre, la girofle,
la cardamome, le cumin et la coriandre sont
fréquemment cités.
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